ACCUEIL NOUVEAUTES

 ... Prochaine réunion, lundi 12 juin ...

COMITE DU 13 mars 2017

SOMMAIRE


CHANSON DOUCE
Auteur:Leila Slamani

DESORIENTALE
Auteur: Négar Djavadi

L’OMBRE DU SABRE
Auteur:Owen Matthews

PETIT PAYS
Auteur:Gaël Faye

AQUARIUM
Auteur: David Vann

LE GARCON
Auteur: Marcus Malte

MONSIEUR ORIGAMI
Auteur: Jean-Marc Ceci

L’ETE AVANT LA GUERRE
Auteur:Helen Simonson

LE ROMAN D'ESTHER
Auteur:Pauline Flep

LA MONTAGNE ROUGE
Auteur: Olivier Truc

LE GARCON QUI NE PARLAIT PAS
Auteur:Donna LEON

LUCIE OU LA VOCATION
Auteur:Maëlle Guillaud

LE VIEUX SALTIMBANQUE
Auteur:Jim HARRISON

DISENT-ILS
Auteur: Rachel CUSK

UN DANGREUX PLAISIR
Auteur: François Vallejo.

 

CHANSON DOUCE

Leila Slamani.

Résumé : Le drame nous est annoncé dès les premières lignes : Louise a tué les deux enfants de Myriam et Paul, dont elle avait la garde. Retour en arrière : Myriam a arrêté de travailler pour s'occuper des enfants. Elle étouffe dans son quotidien de mère de famille débordée et le dernier ayant grandi, elle veut reprendre son métier d'avocate. Le couple se met donc en quête d'une nounou à domicile et ils trouvent une perle : Louise. Non seulement les enfants l'adorent mais les parents ne peuvent plus se passer d'elle ; elle devance leurs souhaits, elle est toujours disponible pour rester tard le soir, préparer les repas, prendre en charge la maison, et même partir en vacances avec eux pour s'occuper des enfants. On sent bien que par moment les parents se disent qu'elle est trop indispensable mais c'est tellement pratique... Subtilement quelques notes discordantes fissurent la perfection de Louise : une parole, un comportement, une exigence ou un geste brusque qui effraient les enfants mais tout rentre très vite dans l'ordre. Bien que l'on sache parfaitement que tout va très mal se terminer, l'auteur nous captive et nous tient en haleine. La tension est permanente.
Intérêt : Récit et analyses psychologiques implacables qui s'inspirent d'un fait divers. L'auteure maintient le suspense et l'angoisse jusqu'au bout en semant des indices inquiétants et en tentant de comprendre comment on peut en arriver là. Une belle étude de caractères et de société, où chacun s’enferme dans son égoïsme et son confort, sans se soucier de l’autre, de sa solitude qui conduit à la dérive mentale.

DESORIENTALE

Négar Djavadi.

Résumé : De façon originale, ce récit nous entraîne pour un voyage à reculons dans une saga familiale dans l’Iran des années 1970. Politiquement, ces années voient une succession de régimes dictatoriaux qui aboutiront après la chute du shah d’Iran à la mise en place des mollahs. Ce roman qui semble partir dans tous les sens au fil des premiers chapitres ne s’assagit pas, à la manière d’un puzzle il se met cependant en place racontant avec verve l’enfance de la jeune Kimia, iranienne, issue d’une famille où la tradition perse reste bien présente. Kimia a des parents opposants aux différents régimes en place, ils lutteront contre le Shah, puis Komeni, cette lutte conduira sa famille à la fuite en France. La grand-mère de Kimia est arménienne et est née dans un harem, elle a une kyrielle d’oncles qu’elle numérote pour les distinguer.
Quelle richesse de couleurs et de sentiments dans la narration de ce roman. On se laisse emporter dans ce récit haut en couleurs narrant cette saga typiquement iranienne vivant des événements dramatiques dans le déroulement des générations et des événements politiques. Kimia et sa famille viendront à Paris, ils vivent des drames, arrivent à se créer une nouvelle vie, le récit en est émouvant et reste teinté d’humour et de fantaisie.
Kimia le personnage central décrit avec justesse à la première personne son parcours et les obstacles qui le jalonnent. C’est un choc de culture particulièrement difficile pour Kimia, d’autant qu’elle découvre son homosexualité, une horreur pour des Iraniens. Jusqu’à 10 ans Kimia était Perse et Orientale, elle semble vivre une « désorientalisation » en arrivant en France.
Intérêt : Un excellent premier roman analysant ces façons de vivre orientales, ces dictatures inimaginables, les drames de ces personnes transplantées dans une fresque magnifique de réalisme.

L’OMBRE DU SABRE,

Owen Matthews.

Résumé : Alexei est un journaliste russe. Il vit à Moscou. En mars 2000 il accepte de couvrir l'évolution du conflit en Tchétchénie. Il y fait équipe avec Youri un photographe ayant de l'expérience. Il découvre un pays devenu un tas de ruines et arrive dans un camp militaire russe dans les montagnes près d'un village tchétchène. Il y rencontre Zeliha une jeune femme tchétchène. C'est une institutrice grave et sérieuse, fille du chef du conseil du village elle est musulmane non pratiquante. Ils vivent une brève histoired'amour.
Le jour où des rebelles tchétchènes prennent des soldats russes dans une embuscade, il s'ensuit de terribles représailles de la part des soldats. Lors d'une nuit de pluie et de violence, Zeliha est capturée et violée, et Alexie reste impuissant pour la défendre. Il en éprouvera de la culpabilité et de la honte. Il ne pourra pas se résoudre à accuser les officiers qui lui ont sauvé la vie lors de l'attaque, ni révéler à sa rédaction ce qui s'est passé pour ne pas nuire à Zeliha.
Nous retrouvons Alexei en 2014 à Istanbul, marié et père de famille. Un jour il rencontre Zeliha accompagnée de sa fille Dilara, adolescente de 14 ans. Dilara fragilisée par sa quête identitaire, confrontée au refus de sa mère de lui révéler l'identité de son père, devient la proie des frères musulmans. Quand elle comprend le secret de sa mère elle rejoint aussitôt le djihad pour la venger: il est écrit que "les portes du paradis sont situées à l'ombre des sabres".
Alexei culpabilise et se sent redevable envers Zeliha. Il lui promet de récupérer sa fille grâce aux nombreux contacts qu'il a gardés en Tchéchénie.
Commence alors une traque pour retrouver Dilara et l'empêcher de commettre l'irréparable. Alexei va alors replonger dans sa vie d'aventures, se sentir tiraillé entre la nostalgie de l'aventure et l'envie de fuir pour retrouver le confort de sa vie de famille.
Intérêt : Ce roman parle de culpabilité, de difficulté pour les journalistes à comprendre les peuples dans leur intimité, de la difficulté pour les soldats à vivre avec le souvenir des atrocités commises, des insomnies et cauchemars qui hantent les témoins. Le récit nous entraine de Moscou à la Tchétchénie puis à Istanbul et en Ukraine à la rencontre d'un monde d'hommes rudes qui trouvent souvent refuge dans l'alcool et la violence dans une atmosphère tendue et hostile. L'ambiance de guerre, les rapports entre les hommes font vrais. Plus l'histoire avance, plus on est happé et tenu en haleine. Un livre remarquable, percutant, souvent dur.

PETIT PAYS

Gaël Faye.

Résumé : Gabriel est né au Burundi d'un père français et d'une mère rwandaise. Malgré les tensions entre ses parents, il y coule des jours heureux, entouré des copains de son quartier aisé de Bujumbura. En 1995 il a 10 ans et son monde explose. C'est la guerre, d'abord au Rwanda où sa mère est partie à la recherche de sa famille, Et maintenant, au Burundi où il est resté avec son père et sa sœur Ana. L'incrédulité puis l'inquiétude gagnent le quartier. Les massacres entre Hutus et Tutsis se multiplient. Chacun doit prendre une position et soutenir son camp sinon il est un traître. Même les enfants se trouvent « embarqués » dans cette injonction et entraînent à leur tour leurs copains. Gabriel se découvre Tutsi, métis et Français. Son pays se disloque, sa famille aussi : son père l'envoie en France avec Ana. Ils n'ont aucune nouvelle de leur mère. Reviendra-t-elle ? Les copains, les amis, échapperont ils aux massacres ?
Intérêt : Style très agréable et vivant restant au plus près des réactions d'un enfant qui raconte sa vie et le basculement lent mais inévitable dans la tragédie qui va la bouleverser. L'auteur a su retrouver le pays perdu de son enfance, l’atmosphère, les odeurs, les amitiés. La souffrance provoquée par l'éclatement de son pays et de sa famille est présente mais tenue à distance.

AQUARIUM

David Vann.

Résumé : Caitlin, 12 ans, vit avec sa mère Sheri, une mère aimante, mais éreintée par un travail d’homme, décharger des containers sur le port de Seattle. Caitlin en souffre, mais aussi du mutisme de sa mère. Elle n’a aucun repère familial. A la sortie de l’école, tous les jours, elle se rend à l’Aquarium. Elle plonge avec délices dans le monde mystérieux de la mer, s’imaginant souvent dans les profondeurs abyssales et échappant ainsi au froid extérieur et à la tristesse de sa vie. C’est là qu’elle rencontre un vieil homme, lui aussi passionné par les poissons ; elle le retrouve tous les jours. Ils se lient d’une profonde amitié. Caitlin, la solitaire, trouve en cet homme ce qui lui manquait. Celui-ci désire rencontrer sa mère. Sheri trouvant suspecte cette affection soudaine (il s’agit peut-être d’un pédophile) demande à la Police d’intervenir. La terrible réalité l’atteint en plein cœur, l’homme n’est autre que son père, disparu il y a 19 ans, la laissant avec sa mère mourante, devenue avec la maladie exigeante et acariâtre. Sheri n’est pas prête à pardonner et n’accepte pas l’attachement de sa fille à cet homme. Elle lui révèle alors son passé et lui fait revivre son horrible calvaire. Sheri va-t-elle détruire sa fille, comme ses parents l’ont fait pour elle ? Arrivera-t-elle à pardonner et accepter la repentance de son père ?
Intérêt : Peut-on se remettre d’un profond traumatisme d’enfance ? Pourquoi a-t-on tendance à reproduire ce dont on a souffert ? La guérison est-elle possible ? Un roman fort, une histoire d’amour et de désamour. De plus, les sujets traités le sont dans un cadre original, un aquarium, un monde méconnu, un monde apaisant « le monde du silence ».

LE GARCON,

Marcus Malte.

Résumé : Le garçon est né dans une cabane dans les années 1900, quelque part dans le delta du Rhône. Il a vécu complètement isolé avec sa mère jusqu’à l’âge de 10-11 ans. Cet enfant ne parle pas, mais comprend tout. Sa mère ne lui a même pas donné de prénom, mais seulement des directives pour savoir que faire à son décès. Une fois seul, il part sur les routes pour une vie d’errance et de crève la faim. Il vit d’abord de chapardages, chasse et cueillette. Puis recueilli par un groupe de paysans, il y trouve le logis et le couvert moyennant un travail épuisant pour son âge, mais bientôt, tenu responsable d’un tremblement de terre, il sera chassé. Il sera alors recueilli par « l’ogre des Carpates », un saltimbanque qui profitant de sa taille et de sa laideur sillonne la France dans une roulotte pour se donner en spectacle. Une belle période pour le garçon. Mais « l’ogre » vieillit et décède. Le garçon conserve la roulotte et le cheval. C’est un accident de circulation qui lui fait rencontrer Emma, une jeune pianiste, poète, très éthérée, belge vivant près de Paris avec son père, richissime … blessé il est recueilli chez Emma Les jeunes gens vont tomber profondément amoureux. Ce sera la période la plus heureuse de sa vie, car bientôt la guerre éclate et il s’engage
… Va-t-il revenir sain et sauf ? leur amour va-t-il résister à cette épreuve ?.
Intérêt : Très beau roman. Histoire inattendue, à la fois profonde et imagée, bien souvent imaginée et pourtant tellement réaliste. Belle écriture, belle et triste aventure d’un être simple que la vie malmène sauf le temps d’un amour fou décrit avec force détails. C’est une petite histoire humaine dans la grande histoire qui dévore « tout » des êtres qui ne demandent pourtant rien que de vivre. Du suspens, une analyse approfondie des caractères et ressentis des personnages et des situations.

MONSIEUR ORIGAMI

Jean-Marc Ceci.

Résumé : Avant de devenir un maître de l'origami, un jeune japonais, Kurogiku fut amoureux d'une belle italienne. Pour elle, il quitta le Japon et partit à sa recherche en Toscane. Depuis 40 ans, il l'attend, vivant en ermite dans une maison toscane en ruine. Il s'adonne à l'art de la fabrication du washi, beau papier japonais représentant la paix et l'harmonie, qu'il plie selon les règles ancestrales chinoises, pour réaliser des œuvres poétiques épurées. Il rencontre un jeune horloger italien, Casparo, qui lui confie son rêve : fabriquer une montre qui contiendrait toutes les mesures du temps. Maître Kurogiku, surnommé Monsieur Origami par les villageois, est intrigué et accepte sa compagnie. Au cours de leurs échanges proches du dépouillement, des savoirs seront transmis ; des réflexions philosophiques sur les mystères du temps, sur les souvenirs, sur la responsabilité familiale.
Intérêt : Récit initiatique, conte philosophique, poétique. La mise en page dépouillée prend la forme des haïkus japonais. Original et facile à lire.

L’ETE AVANT LA GUERRE

Helen Simonson.

Résumé : l’été 1914 à Rye petite ville anglaise du Sussex voit arriver Beatrice Nash, 23 ans, comme nouvelle professeur de latin dans la petite école privée locale. Sa mère est décédée quand elle était jeune et son père est mort il y a juste un an. Il a confié avant son décès, sa curatelle à sa sœur, qui n’a de cesse de la marier. Le célibat est infamant et elle ne pourrait hériter de sa fortune qu’à son mariage. Mais Béatrice est indépendante et ne veut pas de mariage arrangé mais veut régler seule ses problèmes de précarité. En même temps, des réfugiés Belges débarquent chassés de chez eux par l’attaque Allemande qui donne le départ à la première guerre mondiale. Tout le village est en émoi et s’organise pour accueillir ces pauvres bougres mais l’aristocratie locale va faire un tri pour ne recevoir chez elle que des gens de bonne condition. On crée un comité d’accueil très sélectif et on lance un corso pour récolter des fonds. C’est un concert de rivalités mesquines, de petits pouvoirs tyranniques et de ragots à l’en plus finir. Dans la famille d’Agatha Kent, forte femme au caractère bien trempé, on suit avec ses deux neveux Daniel le poète et Hugh le chirurgien les préparatifs puis les engagements dans l’armée qui recrute beaucoup. Beatrice, prise sous l’aile d’Agatha, a accepté de loger dans son petit studio la jeune belge Céleste dont le père professeur est hébergé par le grand écrivain Tilligham ami d’Agatha. Beatrice le suit aussi avec intérêt comptant sur son aide pour se lancer en littérature. Tout ce beau monde se fréquente bien sûr et n’en finit pas de prendre le thé ensemble. Hugh est courtisé par Lucy la fille un peu écervelée de son grand patron mais il a un penchant marqué pour Beatrice plus nature et plus fine. Partis au front en France, Hugh et Daniel seront blessés puis rapatriés mais Daniel ne survivra pas à ses blessures au grand damne de sa tante qui ne vit que pour ses neveux. Beatrice retrouvera-t-elle Hugh ?
Intérêt : Le lecteur retrouve avec beaucoup de plaisir, la belle écriture, très simple, l’humour « So British » et la connaissance très fine de cette société aristocratique anglaise d’une petite ville. On se prend au jeu de ces vies de femmes soumises de gré ou de force aux conventions et bonnes manières et à ce bouleversement qu’est l’imminence d’une guerre qui touchera tout le monde et changera bien des mentalités. Belle mobilisation collective aussi typiquement anglaise où chacun tient à faire son devoir et n’hésite pas à s’engager. Joli roman d’amour aussi avec beaucoup de finesse et de retenue. On passe par toutes les émotions et l'on referme à regret un livre magnifique aux personnages attachants.

LE ROMAN D'ESTHER

Pauline Flep.

Résumé : Dès la première ligne, nous savons qu'Antoine Gardel, écrivain en vue d’une quarantaine d'année est en prison pour meurtre. Il a tué Esther, une jeune étudiante dont il était très amoureux. Son éditeur qui vient le voir lui suggère d'écrire « Le roman d'Esther ».
Esther, 21 ans, étudiante en lettres l'a contacté car elle désire lui consacrer son mémoire de fin d'études. Intrigué par la lettre qu'elle lui envoie, il accepte. Esther est magnifique, très enjôleuse, sensible, fragile. Elle lui avoue une situation familiale dramatique qui lui donne envie de la protéger. Antoine tombe passionnément amoureux. Mais Esther est insaisissable ; elle s’absente souvent, a des comportements bizarres, semble jouer l’allumeuse … mais à chaque fois elle justifie tout ! Le doute pourtant s'insinue dans l’esprit d’Antoine... est-elle une manipulatrice de grand talent ou une jeune femme fragile et instable ? On sent venir le drame. A la fin du livre, quelques clés nous seront données par le journal intime d'Esther.
Intérêt : L’auteur réussit le tour de force de nous tenir en haleine alors que dès le début on connaît la fin de l'histoire. Facile à lire. Bonne analyse psychologique. Comme Antoine, nous nous interrogeons sur la sincérité d'Esther.

LA MONTAGNE ROUGE

Olivier Truc.

Résumé : Nina et Klemet sont enquêteurs pour la police des rennes sur le territoire Sami, cette partie de la Laponie se situe dans le grand Nord, à la fois sur la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. L’action se situe sur les versants et au pied de la montagne Rouge, là où les Lapons, depuis de nombreuses décennies élèvent des rennes. Ils les suivent et les protègent dans leurs migrations, au gré des saisons, les accompagnent dans les forêts, là où les bêtes trouvent le lichen sur les arbres pour se nourrir. Ils partagent le territoire avec les forestiers bucherons qui semble ne pas respecter les règles ancestrales et agissent en conquérants sur cette terre. Le défrichement d’une partie de la forêt anéantit les vestiges qui pourraient permettre aux Samis de prouver que leurs ancêtres vivaient déjà là il y a quelques centaines d’années.
Ce livre fort bien documenté, nous révèle par la fiction du roman les dissidences et les traumatismes inhérents à ce peuple lapon méprisé.
Par une recherche minutieuse sur le terrain, pour la découverte de lieux sacrés, par une étude morphologique poussée sur les cranes et les squelettes anciens sami, que la police des rennes et les chercheurs universitaires arriveront à dater qui du peuple sami ou des autochtones sont venu sur ce territoire en premier.
Ce roman nous fait connaitre des personnages drôles et sympathiques, et d’autres exécrables. Nina et Klemet dévoilent lors de leur enquête des situations et des rapprochements qui font écho à leur propre vie. La région glacée de la Laponie est magnifiquement décrite. Intérêt : La montagne rouge est un magnifique roman ethnographique, un magistral cours d’anthropologie en faveur d’un peuple et d’une civilisation, mis à mal par la politique de « sélection des races » dans les années d’avant-guerre en Suède.
Ce livre intéressant est parfois un peu long, surtout quand les protagonistes passent de longues heures sur des notes anciennes et des crânes bien usés et peu engageants.

LE GARCON QUI NE PARLAIT PAS

Donna LEON.

Résumé : Il s'agit d'une nouvelle enquête du commissaire Brunetti qui appartient à la Questura de Venise. Brunetti est chargé, par le vice-questeur Patta d'une enquête délicate impliquant la future belle-fille du Maire. La prochaine campagne du Maire risque d'être entachée par cette affaire. Mais le commissaire Brunetti est fortement sollicité par Paola, sa femme, afin qu'il se renseigne discrètement sur la mort suspecte, par overdose de somnifères, d'un homme sourd-muet et simple d'esprit Davide Cavanella . Ils le connaissaient car il travaillait dans l'arrière-boutique du pressing où Paola fait nettoyer leurs vêtements.
Paola a été très affectée par cette mort. Elle se sent coupable de ne jamais s'être réellement intéressée ni avoir aidé cet homme qui semblait n'exister pour personne.
Brunetti se souvient également de lui et décide de mener une enquête personnelle, sans en référer à ses supérieurs. Très vite il doit se rendre à l'évidence. Davide n’existe pas pour l'administration italienne. Il ne figure dans aucun registre administratif : pas d'état civil, pas d'immatriculation, pas de compte bancaire. Aucune trace de lui et aucun élément justifiant son existence.
Sa mère Ana Cavanella refuse de coopérer avec la police et affirme que les papiers de son fils ont été volés lors d'un cambriolage. Grâce aux recherches de la signora Ellettra sa dévouée secrétaire, Brunetti va orienter ses investigations vers la famille Lembo, le richissime roi du cuivre où Ana Cavanella a jadis travaillé comme employée de maison. Mais quels liens y a-t'il entre la famille Lembo et la non-existence de la victime ? Davide a-t-il été tué et pourquoi ?
Comment un enfant peut-il naître, grandir et devenir un homme sans pouvoir exister au sein de sa communauté ? Intérêt : Un livre bouleversant et passionnant où l'auteure aborde les réalités de la société vénitienne et surtout italienne : religion, argent, duperie, cupidité, mais aussi le délicat problème du handicap. Le lecteur est tenu en haleine jusqu'à la dernière page.

LUCIE OU LA VOCATION

Maëlle Guillaud.

Résumé : Depuis quelques mois, Lucie, étudiante en hypokhâgne, s’interroge sur l’orientation qu’elle va donner à sa vie. Influencée par son amie Mathilde qui a suivi des cours de théologie, fragilisée par le décès accidentel de son père adoré, elle décide de se donner à Dieu, sans restriction. Pour faire admettre sa vocation, elle se bat contre sa famille, contre son amie de toujours, Juliette. Malgré l’angoisse d’un avenir incertain, de l’inconnu, l’univers du couvent cela ressemble à l’univers carcéral, enfermement, règles implacables, cellule austère, malgré l’ambiance mortifère, malgré la terreur que fait régner la Mère Supérieure, malgré le lot quotidien de jalousies, de mesquineries, de contraintes et d’humiliations, elle se laisse envahir par l’Amour de Dieu « le Seigneur entre par tous les pores de sa peau ». Un jour, pourtant, elle découvre un secret et de curieuses pratiques comptables et en vient à douter du bien-fondé de son choix. Va-t-elle persévérer dans cette voie ou fuir hors des murs où elle est cloîtrée depuis 10 ans ?
Intérêt : Un premier roman qui ne choisit pas la facilité, un livre dérangeant, sans affects, qui pose le délicat problème de la foi intransigeante, de l’amour inconditionnel en Dieu qui transcende l’être humain. Lucie se replet dans cette passion, entraînant une autosatisfaction. « Je suis l’épouse du Christ, fidèle et dévouée ». Certains de ceux et celles qui se sont retirés du monde pour donner leur vie à Dieu peuvent développer un ego surdimensionné, où l’amour du prochain n’a plus sa place. Utilisant des formules chocs, des mots justes, l’auteur fait découvrir au lecteur des aspects inconnus de la vie monacale contemplative.

LE VIEUX SALTIMBANQUE

Jim HARRISON.

Résumé : Big Jim a écrit ce roman peu de temps avant sa mort. Ce n'est pas son autobiographie mais plutôt ses mémoires semées au gré du temps, de son humeur et de son imagination, écrites à la 3ème personne. Jim est un homme malade, usé par l'abus d'alcool, de tabac et de stupéfiants. Il se penche sur son passé. Passionné de lecture dès son plus jeune âge, il devient « addict » à la poésie après avoir lu Keats. Hélas, il ne peut atteindre le nirvana littéraire qu'en cédant à ses envies culinaires accompagnées d'alcools plus ou moins forts. Il parle aussi de ses rencontres avec les femmes, les filles, par dizaines, celles d’un jour, d’une nuit, celles en tout cas dont il se souvient. Mais sa vie est aussi faite de bonheurs simples, la vie de famille avec son épouse et ses 2 filles, la chasse et la pêche pratiquées dans la belle nature qui l'entoure et le ressource. On découvre toute la complexité de l'homme, qui tour à tour choque, amuse, émeut.
Intérêt : Jim Harrison nous fait un adieu d’ami avec drôlerie et émotion. Ses remarques, fréquentes, sur la littérature en général et américaines, en particulier, sont très intéressantes.

DISENT-ILS

Rachel CUSK

Résumé : Une romancière britannique part à Athènes pour animer un atelier d’écriture. D’elle on ne sait pratiquement rien, hormis qu’elle a deux fils, qu'elle est séparée de son mari et qu’elle est déjà venue dans la capitale Grecque. Son nom n'est connu que vers la fin du livre.
Avant le vol, un milliardaire lui confie l’histoire de sa famille puis dans l’avion, son voisin lance la conversation presque à sens unique pour lui détailler ses différents mariages, les séparations et comment sa deuxième épouse ne s’était montrée sous son vrai jour qu’au bout d’un certain temps. Puis d’autres , comme un homme animant lui aussi l’atelier , un ami de longue date , des personnes rencontrées sur place, tous donnent leur opinion sur le mariage, les enfants, le rôle de mère, la réussite sociale, le rôle de l’écrivain.
La narratrice reste en retrait. Elle passe son temps à écouter et se fait l'écho de tous ces épanchements alors que les émotions sont tenues à distance. Elle invite ainsi le lecteur à réfléchir sur ce que nous sommes et sur l'image que nous voulons donner.
Intérêt : un roman qui nous livre des portraits de personnages avec leurs histoires où l’ironie, la mélancolie, l’humour sont présents. Parfois fastidieux à lire.

UN DANGREUX PLAISIR

François Vallejo.

Résumé : le jeune Elie Elian s’ennuie ferme dans sa famille ex-riche qui mange pauvre à dégouter un bon mangeur et goûteur comme lui. Il aime les bonnes odeurs d’arrière restaurant et regarde les cuisiniers faire, au point de penser savoir les imiter. Si bien qu’il s’enfuit de chez lui et connait la rue. Il s’accoquine avec deux escrocs Pisan et Desloges qui vivent de grivèleries en se sauvant des restaurants investis avant de recevoir la note. Il tente seul la chose mais se fait alpaguer et pour payer sa note fait la plonge dans ce restaurant tenu par une veuve et sa jeune fille Agathe. Mais il ne peut s’empêcher de proposer ses services de cuisinier et devient cuisinier en titre tout en profitant de la patronne de vingt ans plus âgée que lui, sous le nom d’emprunt d’Audierne, un « ami » défunt. Mais la rumeur sur sa liaison bizarre le fait encore fuir. Une nouvelle tentative de grivèlerie l’amène à travailler dans le restaurant huppé, « Le trapèze » dont le patron apprécie son inventivité. Suite à une crise politique ce patron est obligé de fuir et c’est lui qui, grâce à un client influent et propriétaire des murs, devient patron du restaurant dont la renommée s’étend. Mais voilà qu’Agathe, quinze ans après réapparait en se disant sa femme sous le nom d’Audierne et produit un acte de mariage en bonne et due forme. Comment Elie va-t-il se sortir de ce mauvais pas sans tout perdre. C’est sans compter sur l’inventivité d’Elie dont la cuisine une fois encore va le sauver.
Intérêt : belle écriture simple et légère et récit très original d’ode à la cuisine, faisant souvent saliver tant les recettes décrites donnent l’eau à la bouche. A goûter et déguster sans modération malgré quelques longueurs.

Autres comités de lecture

Haut de page                                              Nouveautés                                    ACCUEIL